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Centrafricains refoulés à Roissy : 14 laissez-passer temporaires (14/08/2000-19:29)
BOBIGNY (AFP) - Quatorze des 18 Centrafricains refoulés faute de papiers en règle à leur arrivée jeudi à Roissy, ont bénéficié de laissez-passer de huit jours et quatre autres vont être maintenus en zone d'attente, selon la décision rendue lundi par le tribunal d'instance de Bobigny (Seine-Saint-Denis).
Ces 18 personnes avaient été immédiatement placées dans la zone d'attente de l'aéroport de Roissy, passant la nuit dans l'hôtel Ibis du centre de rétention, dans l'attente de leur expulsion vers Bangui prévue dimanche soir. Ayant toutes refusé d'embarquer, elles ont été présentées lundi devant le tribunal d'instance de Bobigny.
Les sauf-conduits, d'une période de huit jours, ont été délivrés lundi en raison d'une irrégularité de procédure, à savoir ''la notification tardive des droits'', a déclaré la présidente au cours de l'audience.
Les personnes concernées, parmi lesquelles quatre enfants, peuvent durant cette période régulariser leur situation et circuler librement.
Parmi elles, Brigitte N'Gawé, maman d'un bébé de 23 mois et d'une fillette de 12 ans a fait par de sa déception. « Je suis déçue par un pays qui se dit démocratique, je ne comprends pas ce qui a pu se passer alors que je suis venue en France l'année dernière avec le même passeport et que l'on ne m'avait pas empêché de rentrer ».
« J'ai quatre soeurs qui vivent en France, j'ai moi-même vécu sept ans ici, j'ai fait mes études à Paris, c'est donc un pays auquel je suis attachée mais je comptais simplement venir y passer des vacances », raconte-t-elle.
Maître Jean Ngafaounain qui plaidait pour 12 des 18 Centrafricains, a déclaré: « pour ceux qui sont sortis, ce n'est que justice et le tribunal a pu constater qu'il y avait eu des irrégularités ».
Il s'est déclaré « scandalisé et choqué par le fait que l'on ait affirmé que les passeports avaient été falsifiés alors même que des diplomates centrafricains étaient présents à l'audience, disposés à témoigner du contraire » . « Je vais faire appel dès ce soir pour les quatre maintiens en zone d'attente », a-t-il ajouté.
Le maintien en zone d'attente, de huit jours, a été prononcé pour quatre hommes. Il doit leur permettre de régulariser leur situation. Ils peuvent également faire appel de cette décision dans un délai de quatre jours.
L'audience n'aura toutefois pas permis d'établir la falsification ou l'authenticité des passeports, la présidente s'étant déclarée incompétente sur ce point.
L'authenticité des passeports mise en cause par les services de la police aux frontières (PAF), qui affirment que les photos ont été substituées, a été réaffirmée par le premier Conseiller de l'ambassade de Centrafrique, Loth Kitodjim. Ne « s'expliquant pas ces refoulements »', il a estimé qu'il « a eu trop de préjugés dans cette affaire et si diplomatiquement, il n'y a rien à dire, c'est sûrement une alerte ».
A Bangui, de source diplomatique française on a indiqué que le consulat de France a bien délivré 16 visas authentiques, après accord des autorités locales, et sur la base de dossiers comportant des certificats d'hébergement. Deux des 18 Centrafricains, étant des enfants en bas âge, ils étaient mentionnés sur le visa de leurs parentes a expliqué une source judiciaire française.
Le ministre centrafricain des Affaires étrangères, Marcel Metefara, a regretté lundi, sur une radio locale, que « la situation de nos compatriotes en arrive là. Nous pensons que nos compatriotes ont droit à une protection dès lors qu'ils se trouvent sur le sol français. »
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